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Réactivation des savoirs : apprendre c’est bien, réactiver c’est mieux

Réactivation des savoirs : apprendre c'est bien, réactiver c'est mieux

Réactivation des savoirs : apprendre c’est bien, réactiver c’est mieux

Un nouveau savoir, ça s’enseigne, mais aussi : ça se réactive. Pour échapper à la courbe de l’oubli, l’EAP a réuni ses équipes pédagogiques le temps d’une journée-atelier. Plein feu sur la réactivation des savoirs en formation et après.

Formation sans réactivation n’est que ruine de l’apprentissage. On le sait bien : il faut pratiquer et pratiquer encore, répéter et tester en situation réelle. Pour l’EAP, c’est une question de retour sur investissement des acquis d’apprentissage. Voilà pourquoi nous avons organisé une demi-journée d’atelier pour les formateurs et formatrices le 30 juin 2021. Ce fut l’occasion de faire le plein d’idées, de bonnes pratiques et d’outils pour apprendre à réactiver les savoirs de son auditoire.

Réactivation des savoirs, pourquoi est-ce indispensable ?

Un nouveau savoir ne s’intègre pas dès le lendemain d’une formation. Réactiver les savoirs consiste à ancrer cette nouvelle compétence afin qu’elle devienne un nouvel automatisme. Pourquoi faut-il en passer par là ?

Parce que notre cerveau oublie vite

Sans réactivation des savoirs, notre cerveau oublie. Les recherches, mentionnées dans notre guide de la formation montrent que :

  • Dans les 24h suivant une formation, le taux de rétention (ce dont on se souvient) chute à 34 %.
  • Dans le mois qui suit, si rien n’a été fait pour réactiver ce contenu, on n’en garde aucune trace.

Ces constats sont accablants ! Sans une stratégie de réactivation des savoirs, autant dire qu’une formation ne sert quasiment à rien.

Parce que notre cerveau aime la répétition

Réactiver les savoirs consiste à solliciter notre cerveau par un travail répétitif. Mais pas n’importe comment :

  • les messages doivent être réactivés 5 à 6 fois, et ce, de manières différentes ;
  • les périodes de répétition doivent être espacées pour permettre un temps d’intégration et d’expérimentation.

Parce que notre cerveau est (aussi) terre à terre

Qu’on se le dise : 90 % du savoir-faire et/ou du savoir-être acquis par un individu proviennent en fait de l’apprentissage informel.

Nous apprenons à :

  • 70 % par nous-mêmes en devant faire face à des tâches au travail (apprentissage sur le tas)
  • 20 % par l’interaction avec des personnes qui maîtrisent ce savoir (apprentissage par les tiers)
  • 10 % grâce à la formation (apprentissage lors de formations)

Cette règle des apprentissages s’appelle la règle des 70/20/10. Elle démontre clairement que la formation formelle en soi ne suffit pas pour acquérir un nouveau savoir. Il faut pouvoir éprouver nos apprentissages au quotidien et au contact des autres.

Parce que notre cerveau est curieux et créatif

Notre cerveau a constamment besoin d’établir de nouvelles connexions. Deux des 12 lois du cerveau (selon John Medina) nous le confirment :

  • On ne prête pas attention à ce qui nous ennuie
  • La curiosité est le carburant du cerveau

Réactiver rime donc aussi avec réinventer, redécouvrir, réenvisager.

En résumé, pour pérenniser les acquis d’apprentissage, mieux vaut :

  • des formations plus nombreuses, mais plus courtes ;
  • des exercices et des tâches concrètes à réaliser
  • des révisions planifiées à intervalles réguliers
  • des périodes d’étude et d’entraînement en alternance

Sachant tout cela, comment aider le public de nos formations à tirer parti de leurs acquis ?

Comment tirer parti de vos acquis de formation ?

4 stratégies pour réactiver les savoirs en formation

Pour ne rien perdre des acquis d’une formation, il faut favoriser le taux de rétention. Mais comment ? Par ces 4 stratégies :

  1. la réactivation : on invite son auditoire à faire l’effort de se souvenir, on fait travailler les méninges et on stimule la mémoire. Bien plus efficace que de replonger simplement dans ses notes.
  2. l’association : on fait des liens utiles et parlants avec la réalité de nos apprenantes et apprenants, des ponts entre les savoirs acquis depuis longtemps et les nouveaux savoirs à acquérir.
  3. l’effet de surprise : on se met en mode ludopédagogique, on fait appel à l’émotion, l’excitation et la stimulation.
  4. la personnalisation : on adapte ses techniques pédagogiques aux différents styles et canaux d’apprentissage (VAKOG, Kolb, notamment).

Et après ? 6 façons de pérenniser les savoirs

Réactiver le cerveau régulièrement après avoir suivi une formation est le seul moyen de ne pas tout oublier. Voici 6 façons d’aider les apprenants et apprenantes à conserver leurs savoirs. Proposez-leur de :

  1. se replonger régulièrement dans le contenu formation pour contrer l’oubli.
  2. rechercher des compléments d’information : par exemple, dans notre bibliothèque numérique ou ailleurs (tutoriels sur YouTube ou TikTok).
  3. pratiquer en compagnie de quelqu’un maîtrisant bien ce savoir.
  4. échanger sur le sujet avec les autres participants et participantes de la formation.
  5. d’approfondir en s’inscrivant à un module complémentaire ou plus « avancé ».
  6. garder l’esprit ouvert sur le sujet ou sur des sujets connexes.

La réactivation des savoirs : au cœur du programme de l’EAP

L’EAP a consacré une journée (le 30 juin) à la réactivation des savoirs, avec l’ensemble des formateurs et formatrices. Objectif : se documenter et réfléchir à une activité vécue qui a fonctionné et la partager.

Pendant cette journée, deux sessions de travaux en sous-groupes ont été mises en place :

  • La session 1 portait sur une réflexion et un échange autour de « la réactivation, c’est quoi, pourquoi, comment, quand ? »
  • La session 2 visait à créer une activité de réactivation avec une contrainte pour chaque groupe.

Réactiver, ça paraît évident comme ça. Mais quand on y réfléchit en groupe, c’est plus facile à appliquer. – Marie

Un atelier dynamique pour apprendre à bien réactiver. Encore un bel exemple d’intelligence collective. – Dominique

Alors, qu’allez-vous apprendre aujourd’hui ?

Formatrice, formateur, vous avez envie d’en savoir plus ou de participer à une prochaine édition ? C’est simple, marquez votre intérêt auprès de Claire Viroux (C.VIROUX@eap-wb.be), coordinatrice de la cellule métiers de l’EAP. Une nouvelle session sera organisée après la rentrée de septembre !

L’École d'administration publique (EAP) a été créée en 2012 pour former le personnel des administrations de la Région Wallonne, la Fédération Wallonie-Bruxelles et leurs OIP. Son objectif est d'améliorer les compétences des collaborateurs, tout en favorisant les échanges d'expériences inter-administrations.

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