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[Podcast] Développement durable : deux formations pour nos administrations

[Podcast] Développement durable : deux formations pour nos administrations
Marie Bourgeois
Marie Bourgeois

Agente à la Direction du Développement durable du SPW

Julien Piérart
Julien Piérart

Agent à la Direction du Développement durable du SPW

Les collaborateurs des administrations souhaitent s’engager en faveur du développement durable. Deux formations de l’EAP permettent de mettre en place des mesures concrètes de changement.

Alors, qu’allez-vous apprendre aujourd’hui ?

Retrouvez le descriptif complet et les prochaines sessions disponibles de nos 2 formations sur le développement durable : Concevoir des politiques publiques contribuant au développement durable et Intégrer le développement durable dans mon organisation.

Lisez également notre article : La formation au développement durable dans l’administration, un must.

Retranscription

Les podcasts de l’EAP.

Bonjour et bienvenue dans ce podcast de l’EAP.

Ce jour, j’ai l’honneur d’inviter autour de la table, sur un sujet particulier et d’actualité, le développement durable.

J’ai l’honneur d’inviter autour de la table Marie Bourgeois.

Bonjour Marie.

Bonjour.

Et Julien Pirard.

Bonjour Julien.

Bonjour.

Vous êtes tous les deux agents de la Direction du Développement durable au SPW et si vous êtes là aujourd’hui, c’est pour nous parler…

…du développement durable dans l’administration.

Un enjeu de taille qui concerne tout le monde, mais aussi effectivement l’administration.

Et au fond, à quel niveau peut-on agir dans l’administration et en quoi est-on concerné, dans sa pratique quotidienne, par le développement durable ?

Marie ?

Je pense qu’on est concerné à trois niveaux.

D’abord, évidemment, tous à titre individuel et personnel. Je pense qu’il y a de plus en plus d’agents qui se posent des questions sur la manière dont ils peuvent agir dans leur quotidien, chez eux, quand ils font des achats, quand ils sont au magasin devant les rayons, dans ce qu’ils achètent, quand ils se déplacent, dans le choix ou non des transports en commun.

Voilà, il y a beaucoup d’agents, j’imagine, qui ont aussi participé à la marche pour le climat.

Tout à fait.

Donc ça, c’est un premier niveau.

Après, au niveau vraiment de l’institution, de l’organisation dans laquelle on travaille…

…il y a aussi plein de choses qui se font en termes d’exemplarité.

Par exemple, au Service public de Wallonie, on a un plan de développement durable.

Je parlais tout à l’heure des déplacements. On se demande : est-ce que la flotte est suffisamment verte ? Est-ce que les agents sont incités à utiliser les transports en commun ?

Donc on transpose des choses qui se font à un niveau individuel à quelque chose qui s’inscrit dans le cadre professionnel.

Pour donner un autre exemple, il y a les achats publics responsables.

Est-ce que, quand on organise un événement, on fait attention aux sandwichs que l’on commande, aux produits locaux, à ce genre de choses ?

Donc il y a toute une série d’outils qui sont proposés au sein de nos organisations pour être exemplaires dans notre fonctionnement interne.

D’accord. Et tous ces réflexes, tous ces fonctionnements internes passent aussi par de la sensibilisation, mais aussi par de la formation, j’imagine ?

Oui, tout à fait.

D’abord, on a cet outil qu’est le plan de développement durable. Il y a des affiches, des campagnes de communication pour sensibiliser les agents aux écogestes qu’ils peuvent poser.

Et puis, par ailleurs, il y a deux formations qui sont proposées, essentiellement pour s’interroger sur la manière dont, dans nos missions et dans notre métier, on peut traduire concrètement le développement durable pour que cela devienne quelque chose de…

…très concret et de vivant.

D’accord. Julien, peut-être pourriez-vous nous en dire un peu plus ?

Parce que ces deux formations, il y en a une qui porte davantage sur l’interne et une qui porte davantage sur l’externe. Comment cela s’articule-t-il ?

Alors, il y en a une qui vise vraiment à opérationnaliser le développement durable dans le cadre de ses missions.

On va apprendre ensemble à concevoir des missions qui tiennent compte des objectifs du développement durable, mais aussi de ses principes, qui sont bien plus anciens. Les objectifs, eux, sont plus récents.

Donc cela, c’est vraiment au quotidien, dans mes projets, qui peuvent être des politiques publiques mais aussi d’autres types de projets.

Déclinés en plans, en stratégies, etc.

Comment est-ce que j’opérationnalise les choses ? Comment est-ce que je fais concrètement ?

Et puis il y a une deuxième formation qui consiste davantage à voir, peut-être après coup, ce qui a fonctionné, ce qui n’a pas fonctionné et pourquoi.

On s’interroge alors sur un contexte institutionnel, politique et sociétal.

On essaie de restituer nos instruments, à nous en tant qu’agents, pour agir sur le monde, donc les instruments de politique publique, dans ce contexte et notamment par rapport à…

…la capacité qu’a la société à accepter ou non ce qu’on lui propose.

Est-ce que c’est le bon moment ? Est-ce le moment d’utiliser des incitants ou faut-il plutôt aller vers des taxations ?

Il y a plein d’instruments qui peuvent être utilisés à certains moments et qui sont plus ou moins opportuns.

L’autre formation permet davantage de contextualiser les choses.

D’accord.

Et ce sont des cas concrets, avec déjà des études de cas qui ont eu lieu, ou comment cela se passe-t-il ?

Marie ?

Oui.

On va en fait regarder dans le groupe qui travaille sur un sujet particulier et se porte volontaire pour vraiment creuser les choses.

On a eu une formation, par exemple, avec un agent de l’ADEPS qui se disait : « Nous avons vraiment envie de réfléchir à ce qu’est une politique sportive durable. »

Nous avons pris la roue des 17 objectifs de développement durable en mettant le sport au centre et en essayant de voir quelles sont les 17 interrelations très concrètes.

Avec ces objectifs de développement durable.

Par exemple, le premier objectif de développement durable, c’est la lutte contre la pauvreté. C’est vraiment un principe clé : ne laisser personne de côté.

L’ADEPS peut se demander, par exemple, dans l’implantation de ses centres sportifs, s’ils sont localisés y compris dans des quartiers plus défavorisés.

Ou bien, s’il n’y a pas suffisamment de centres, est-ce qu’on peut aussi amener le sport dans les écoles de ces quartiers ?

C’est donc vraiment attirer l’attention et insuffler une démarche, je dirais…

…transversale de réflexion qui dépasse nos silos habituels.

D’accord. Mais cela veut dire aussi, Julien, que sur la base de ces 17 objectifs que j’ai ici devant moi sous la forme de cette carte postale, chaque participant à la formation va pouvoir mettre sa problématique professionnelle au centre et voir l’impact de ces différents objectifs sur sa pratique ?

C’est exactement cela.

Et c’est ce qui rend tout de suite les projets beaucoup plus intéressants.

Les projets des participants se trouvent vraiment boostés par la présence des autres, ce qui crée un véritable espace d’intelligence collective.

Parce que, lorsqu’on a un projet, il est déjà difficile de réfléchir à un objectif unique. Alors articuler ce projet avec 17 objectifs, c’est vraiment compliqué.

Quand on est ensemble, on y arrive.

On arrive vraiment à couvrir les 17 objectifs et c’est cela qui rend l’après-midi de formation…

…assez fascinante.

Les participants et les formateurs sont toujours assez subjugués par ce qu’il s’est produit.

Mais oui, il y a moyen, et c’est quasiment le seul moyen d’y arriver quand on veut embrasser une telle complexité : être ensemble.

C’est d’ailleurs un des objectifs de développement durable, le dernier.

Marie a parlé du premier, celui de la lutte contre la pauvreté.

Le dernier concerne les partenariats.

On ne pourra y arriver qu’en faisant les choses ensemble.

Et cela veut dire aussi qu’au-delà du cadre de la formation elle-même, il y a des choses à partager et à poursuivre.

À l’extérieur.

Je sais qu’il y a ces deux formations. Vous faites vous-mêmes aussi un suivi plus sur mesure.

Mais dans le cadre de ces formations-là, avez-vous encore des contacts avec les participants par la suite ? Comment cela s’articule-t-il ?

Pour reprendre l’exemple de l’ADEPS, très concrètement, l’agent qui avait suivi la formation nous a demandé de pouvoir intervenir chez eux en réunissant un représentant de chaque service : achats, ressources humaines, gestion des centres sportifs, etc.

Pour amener vraiment cette dynamique chez eux en interne.

Nous l’avons ensuite déclinée avec une cinquantaine d’usagers potentiels des centres sportifs.

Nous avons appelé cela une sorte d’« idéathon ».

En une heure environ, nous avons généré une centaine d’idées avec cinquante personnes dans la salle pour nourrir l’ADEPS en propositions concrètes.

Ensuite, on nous a demandé également d’animer une réunion destinée aux gestionnaires de centres sportifs pour amener cette même réflexion et faire progresser…

…les actions au sein de l’organisation.

C’est dans ce sens-là qu’il peut y avoir des partenariats entre notre direction et d’autres administrations.

D’accord.

Parce que ce n’est pas encore tout à fait clair pour moi concernant les deux formations.

Dans le cas de l’ADEPS, était-on dans la première formation ou dans la deuxième ?

Et comment peut-on rappeler simplement les enjeux de l’une et de l’autre, ainsi que leurs atouts pour les participants ?

La première, celle dont on a beaucoup parlé avec l’utilisation des 17 objectifs de développement durable, s’intitule :

« Concevoir une politique publique contribuant au développement durable ».

Elle vise plus particulièrement les personnes qui sont liées à la formulation ou à la conception d’éléments de politiques publiques.

Mais est-ce qu’il y a un public particulier pour cette formation ? Ce n’est pas n’importe quel agent qui peut la suivre ?

En fait, cela concerne tout le monde.

Je pense que même le projet d’achat d’une maison à titre personnel…

…pourrait être placé au centre de cette roue des objectifs de développement durable et faire l’objet d’une réflexion.

Je pense donc que cet outil peut très bien être utilisé à d’autres échelles et par la plupart des agents.

D’accord.

Donc cela sert à tout le monde.

Et vu l’urgence actuelle, ainsi que la prise de conscience et la mobilisation croissante que vous évoquiez au début, les gens cherchent davantage de sens et souhaitent être plus responsables.

Je pense que ce sont des outils qui…

…conviennent effectivement à tout le monde.

Et pour la deuxième formation ?

Là, on est davantage à un niveau stratégique.

Oui, c’est cela.

Une fois que le projet est réalisé, on se rend parfois compte, après évaluation, qu’il ne prend pas aussi vite qu’on l’aurait souhaité.

C’est alors le moment de s’interroger, par exemple, sur la courbe d’adoption de l’innovation d’Everett Rogers.

On voit qu’à certains moments, une innovation peut décoller, mais qu’avant cela elle n’aura du succès…

…qu’auprès de quelques personnes.

C’est un peu la même chose pour les projets de politiques publiques.

Cette deuxième formation vise donc à prendre le recul nécessaire pour éventuellement réorienter le projet en fonction de la société dans laquelle on souhaite l’implémenter.

D’accord.

Mais il y a quand même une complémentarité entre les deux.

Parce qu’à un moment, cette première formation qui consiste à concevoir un projet et à intégrer les bonnes pratiques…

Eh bien, on parle de courbe d’adoption, mais j’ai envie d’être optimiste : on finira par les adopter plus facilement et plus rapidement.

On les adoptera de manière beaucoup plus facile, de manière beaucoup plus rapide.

C’est en tout cas un souhait, que l’on puisse effectivement faire écho d’une formation à l’autre.

Si l’on devait donner des raisons d’agir en matière de développement durable, au regard de cette urgence, et donc des raisons de suivre ces formations, que diriez-vous ?

Pourquoi ?

Je dirais, dans un premier temps, que…

…l’on cherche, en tant qu’agent, à donner du sens à notre travail.

C’est quelque chose que j’entends souvent autour de moi.

Et l’on cherche aussi à avoir de la cohérence.

On a envie que toutes les actions menées par les agents de l’administration convergent et contribuent à quelque chose.

On a besoin que…

…l’action que l’on mène, même à son niveau, puisse faire écho et contribuer à quelque chose de plus large.

Quand on est ainsi en cohérence, y compris dans sa vie personnelle, quand on met en œuvre des actions qui contribuent aux valeurs auxquelles on croit, cela procure un certain confort.

Et puis on ne peut pas non plus cloisonner qui l’on est au travail et qui l’on est dans la vie personnelle.

On passe huit heures par jour au travail. C’est normal aussi que l’on reste soi-même au travail.

D’accord, donc ça c’est un argument.

Et puis il y a aussi le fait de contribuer à des défis qui nous dépassent.

Est-ce qu’on a vraiment une prise là-dessus ?

On a une prise, en fait.

C’est-à-dire qu’on ne se retrouve plus dans une société où le monde relève du risque.

Le risque supposerait que l’on dispose déjà de solutions et de réponses toutes faites.

Ici, le monde est incertain. Cela signifie que l’on ne sait pas ce qui va nous arriver.

Il faut donc imaginer, innover, créer.

Il faut de la créativité, on va dire politique, simplement parce qu’il faut se mettre ensemble pour y réfléchir.

Et c’est là l’avantage du développement durable : on peut réfléchir ensemble, même si l’on vient d’horizons différents.

Sur plusieurs objectifs que l’on pourrait atteindre ensemble.

Cet espace de créativité politique est formidable parce qu’il rend les choses tout de suite plus compréhensibles.

On retrouve du sens.

Et puis aussi…

…on sent que l’on pourra y arriver.

Si l’on n’est pas ensemble, cela restera un monde très incertain.

D’accord, je vois.

Et du coup, cela fait aussi écho au fait que, dans la formation elle-même, on est dans l’intelligence collective, on partage des pratiques.

Vous disiez tout à l’heure qu’il suffit de se retrouver ensemble pour trouver comment intégrer ces 17 objectifs alors que, seul, on n’aurait pas trouvé le moyen de le faire.

Cela fait donc un bel écho à cet enjeu de l’incertitude.

Je vous remercie pour ce podcast très intéressant.

Pour rappel, les deux formations sur le développement durable sont disponibles à l’EAP. Vous trouverez plus d’informations sur la plateforme de l’EAP.

Merci beaucoup.

L’École d'administration publique (EAP) a été créée en 2012 pour former le personnel des administrations de la Région Wallonne, la Fédération Wallonie-Bruxelles et leurs OIP. Son objectif est d'améliorer les compétences des collaborateurs, tout en favorisant les échanges d'expériences inter-administrations.