[Podcast] L’e-learning débarque à l’EAP !
Marjorie Hoslet

Marjorie Hoslet

Cheffe de projets Nouvelles technologies à l'EAP

Jean-Marc Everard

Jean-Marc Everard

Responsable du service learning technology au SPF BOSA

L’EAP adopte l’e-learning, un nouvel outil pédagogique agile et efficace. Quelles nouvelles perspectives pour la formation des administrations ? Réponse avec Marjorie Hoslet (EAP) et Jean-Marc Everard (BOSA).

Alors, qu’allez-vous apprendre aujourd’hui ?

Ne manquez pas notre dossier L’e-learning vu par l’EAP : maximiser les bénéfices, soigner les synergies et retrouvez nos modules e-learning dans le catalogue de l’EAP.

Retranscription

Les podcasts de l’EAP.

Bonjour tout le monde et merci de nous rejoindre pour ce nouveau podcast.

Aujourd’hui, un thème particulièrement intéressant puisqu’il s’agit de l’e-learning.

J’ai le grand plaisir d’inviter Marjorie Hoslet, cheffe de projet Nouvelles Technologies au sein de l’EAP.

Bonjour Marjorie, merci d’être là.

Bonjour.

J’accueille également Jean-Marc Evrard, responsable du service Learning Technology, anciennement Blended Learning, au SPF BOSA, anciennement l’IFA.

Bonjour Jean-Marc.

Bonjour.

Enchanté de vous recevoir pour ce très beau thème qu’est l’e-learning.

Nous avons déjà abordé de nombreux sujets tels que le codéveloppement, l’intervision ou le coaching. L’e-learning montre lui aussi le foisonnement de nouvelles approches pédagogiques.

Pour introduire le sujet, quelques chiffres : à l’EAP, l’e-learning représente actuellement 32 modules en informatique et bureautique, deux modules en simplification administrative, un module sur les concepts d’égalité et de diversité…

…mis à disposition par Unia, le service public indépendant de lutte contre les discriminations et de promotion de l’égalité des chances, ainsi que deux modules sur mesure consacrés à la gestion de projet et aux chutes de plain-pied.

Bref, ces modules seront disponibles dès le premier trimestre 2019.

On peut donc dire qu’avec ces quelque quarante modules, l’EAP croit et investit fortement dans l’e-learning.

Marjorie, quel est l’état de la situation aujourd’hui selon vous, en tant que cheffe de projet Nouvelles Technologies ?

Effectivement.

Lorsque je suis arrivée à l’école, nous étions tout au début du projet. L’école n’avait pas encore lancé ses premières formations et nous étions occupés à nous poser la question des outils informatiques qui allaient pouvoir soutenir notre activité de formation.

Comme j’étais chargée de mettre en place l’e-learning, je me suis dit qu’il fallait choisir un outil qui nous permette à la fois de gérer la logistique de nos formations et, en même temps, de mettre à disposition des modules e-learning et d’autres contenus digitaux pour nos apprenants, afin de diversifier les approches de formation.

C’est notamment pour cette raison que nous avons choisi notre plateforme de formation.

Dès le départ, elle a été pensée dans l’optique de faire de l’e-learning.

Et lorsque cette plateforme a été mise en place, nous avons réellement pu nous concentrer sur le lancement de l’e-learning qui est actuellement en cours.

Nous avons réfléchi aux conditions de mise en œuvre de l’e-learning et nous voulions que tout le monde partage la même compréhension de ce qu’est l’e-learning et de la manière dont nous souhaitions le déployer.

Pour être certains que les bases du projet soient bien ancrées et bien installées, nous avons décidé de travailler main dans la main avec les cabinets.

Afin de définir…

…les conditions de mise en œuvre et les conditions de succès de l’e-learning.

Merci.

C’est quand même un projet d’envergure.

Monsieur Evrard, chez vous aussi au SPF BOSA, toute cette partie technologique, le déploiement, l’encadrement et la guidance représentent-ils une part importante du travail ?

Oui, tout à fait.

Ce sont les premières étapes indispensables et c’est quelque chose de fondamental.

La mise en place de la plateforme est importante, mais surtout…

…l’accompagnement des formateurs.

L’un des grands changements apportés par l’e-learning, ou plutôt par le learning, car nous y reviendrons, concerne l’évolution du rôle des formateurs.

Nous avons également demandé à nos formateurs, qu’ils soient internes ou externes, de participer à la création de ce qui se trouvait sur notre campus virtuel.

Ils ont donc été amenés à réfléchir à l’ensemble du parcours d’apprentissage du point de vue du participant : ce qu’il faut mettre à disposition avant la formation, après la formation, ce qui doit être réalisé en présentiel, etc.

Il y a donc tout un travail d’accompagnement. Cela fait plusieurs années que nous expérimentons, testons et faisons évoluer nos dispositifs.

Il faut dire que nous avons un historique un peu plus long que l’EAP puisque nous avons commencé en 2004 avec une première plateforme. Nous avons ensuite changé de plateforme et fait évoluer nos pratiques.

Aujourd’hui encore, toute une équipe travaille sur ces questions : une partie crée des modules e-learning, une autre s’occupe de la plateforme et de l’accompagnement des formateurs. Il y a également tout un volet de coaching.

On a beaucoup parlé du volet technologique.

D’ailleurs, chez vous, le service s’appelle désormais « Learning Technology » alors qu’il s’appelait auparavant « Blended Learning ».

Cela montre bien que la technologie occupe aujourd’hui une place centrale dans l’apprentissage.

En effet. Et nous voulions également nous détacher de l’idée que l’e-learning se résume uniquement à la formation à distance ou à l’apprentissage en dehors de la salle de classe.

C’est pour cela que le service a été rebaptisé « Learning Technology ».

En réalité, nous avons également fait entrer la technologie dans la salle de classe.

Par exemple, avec des télévoteurs, c’est-à-dire des outils qui permettent aux participants de répondre à des questions via leur smartphone ou via de petits boîtiers.

Nous avons aussi introduit les tablettes dans certaines formations.

Aujourd’hui, nous mettons à disposition de nos formateurs vingt-quatre tablettes qui peuvent être partagées.

Elles sont principalement utilisées dans les formations en langues, mais aussi dans certaines formations en efficacité personnelle.

Au départ, la technologie servait surtout aux apprentissages à distance et aux parcours autonomes.

Aujourd’hui, la technologie revient aussi dans les salles de formation.

D’accord.

Nous venons donc d’aborder le premier volet, celui de la technologie, qui constitue un pilier essentiel du dispositif.

Mais il y a aussi l’impact sur le formateur.

Vous venez de le dire : l’accompagnement du formateur est important.

Et qu’en est-il de l’apprenant ?

Vous expliquiez, Marjorie, tous les avantages de l’e-learning, mais est-ce que les apprenants ne rencontrent pas parfois certains freins ?

Par exemple : « Je ne suis pas très à l’aise avec l’informatique » ou encore « apprendre seul devant un écran n’est pas la même chose qu’en présentiel ».

Faut-il forcément du blended learning, c’est-à-dire un mélange de distanciel et de présentiel ?

Comment gérez-vous ces craintes ou ces blocages des apprenants ?

C’est vrai que tous les aspects liés à la communication, à la gestion du changement et au support apporté aux apprenants doivent faire l’objet d’une attention particulière dans le cadre de l’e-learning.

L’objectif est précisément d’éviter que l’apprenant ne se sente seul devant son ordinateur.

Il y a donc également tout un travail autour du développement des compétences numériques des agents afin qu’ils se sentent à l’aise avec les outils informatiques.

Quand nous mettons en place une formation e-learning, nous accordons une attention particulière à l’accompagnement.

Nous préparons des documents explicatifs qui détaillent pas à pas la manière d’accéder au module et son fonctionnement.

Nous avons également créé des outils permettant de sensibiliser l’agent qui souhaite suivre une formation e-learning à ses engagements, mais aussi aux engagements de son supérieur hiérarchique.

Car l’e-learning met également en évidence l’implication du supérieur hiérarchique dans le parcours de formation de l’agent.

Le supérieur hiérarchique doit être partie prenante du projet.

Il doit veiller à ce que toutes les conditions nécessaires soient réunies pour permettre à l’agent de suivre sa formation.

Lorsque l’agent est absent parce qu’il suit une formation en présentiel, c’est relativement simple à comprendre.

Mais lorsqu’il est physiquement présent dans le bureau tout en suivant une formation derrière son ordinateur, cela nécessite une autre organisation et une autre manière de fonctionner au sein de l’équipe.

Justement, c’est un point extrêmement important.

Dans notre expérience, nous avons constaté que le principal frein mentionné par les participants était souvent le supérieur hiérarchique.

Le fait qu’il ne tienne pas toujours compte du fait que la personne est effectivement en formation, même si elle est assise à son bureau.

On continue à lui confier des dossiers ou des tâches à traiter.

Nous avons donc, comme l’EAP, mis en place une convention.

Cette convention est conclue entre le participant, son supérieur hiérarchique et les ressources humaines.

Les différentes parties s’accordent sur les objectifs à atteindre et sur les plages de temps consacrées à la formation.

Aujourd’hui, ce qui nous aide beaucoup, c’est la généralisation progressive du télétravail.

Cela constitue un véritable levier pour rendre l’e-learning plus performant.

Donc vous pensez que les personnes auront davantage tendance à suivre des modules e-learning chez elles, dans un environnement calme, plutôt que dans un bureau animé par les activités quotidiennes ?

Il y a un peu des deux.

Le télétravail s’accompagne aujourd’hui dans certaines organisations du développement des nouveaux modes de travail, avec des espaces plus ouverts et davantage de proximité entre collègues.

Cela ne favorise pas toujours les activités qui demandent de la concentration ou du recul.

Nous observons clairement des pics de fréquentation des modules e-learning les jours habituellement consacrés au télétravail, comme le lundi, le mercredi ou le vendredi.

Mais le supérieur hiérarchique joue également un rôle de sponsor.

C’est lui qui doit faire comprendre à son collaborateur que cette formation est importante parce qu’elle contribuera au développement de ses compétences et à la qualité de son travail.

Et lorsque ce message est présent…

…nous constatons que les résultats sont au rendez-vous.

D’accord.

Marjorie, vous avez également mis en place cette charte d’engagement destinée à l’apprenant, mais aussi au supérieur hiérarchique.

Vous avez beaucoup travaillé sur la sensibilisation des équipes.

Pensez-vous qu’à terme l’e-learning prendra une place comparable à celle des formations présentielles et qu’il fera pleinement partie des parcours de formation ?

Pour rebondir sur ce que disait Jean-Marc, le télétravail et l’e-learning sont effectivement très complémentaires.

Mais nous souhaitons aller au-delà et ne pas tomber dans le travers qui consisterait à penser qu’il faut absolument être en télétravail pour suivre une formation e-learning.

Nous voulons vraiment qu’il y ait un changement des mentalités en profondeur.

Un agent qui souhaite se former en e-learning doit pouvoir le faire dans de bonnes conditions, qu’il soit en télétravail ou sur son lieu de travail.

L’idéal est que les collègues soient sensibilisés au fait qu’une personne en formation reste en formation, même si elle est physiquement présente sur son lieu de travail.

Le supérieur hiérarchique doit également être conscient de cette réalité et mettre en place les conditions nécessaires pour que l’agent puisse se former correctement.

L’un des premiers outils que nous avons mis en place est cette fameuse charte e-learning.

Nous avons préféré une charte plutôt qu’une convention formelle afin d’éviter une lourdeur administrative excessive.

Nous avions peur qu’une convention à remplir et à signer constitue un frein.

Nous avons donc opté pour quelque chose de plus léger.

Mais cela ne signifie pas que son contenu doit être pris à la légère.

Au contraire, cette charte reprend les engagements des différentes parties et souligne le caractère sérieux de la démarche.

Je voudrais peut-être conclure sur un autre aspect.

Vous venez d’expliquer qu’il ne faut pas nécessairement être chez soi pour suivre un module e-learning.

Mais est-ce que le blended learning, c’est-à-dire la combinaison du présentiel et du distanciel, n’est pas finalement la meilleure solution ?

Au moins dans une phase de transition, afin d’intégrer progressivement les nouvelles technologies dans les habitudes des apprenants et des supérieurs hiérarchiques ?

Le blended learning aide notamment l’apprenant à ne pas se sentir seul puisqu’il existe des moments de partage en salle où il peut échanger avec le formateur et avec les autres participants.

Le fait de combiner différentes approches pédagogiques et différents outils permet également de cumuler les avantages de chaque méthode.

D’une part, il y a la richesse des échanges entre apprenants et formateurs.

D’autre part, il y a la possibilité de se former à son rythme, depuis son poste de travail.

Très bien.

Merci.

Oui, chez nous aussi nous avons commencé de cette manière.

Au départ, nous faisions essentiellement du blended learning avec une séance d’introduction, puis une période de travail autonome et enfin une séance de clôture avec des exercices plus importants.

Aujourd’hui, nous proposons différentes formes de parcours.

Certains sont totalement autonomes via les modules e-learning, mais nous favorisons surtout ce que l’on appelle désormais la classe inversée.

Le participant dispose en amont de différents contenus : modules e-learning, vidéos enrichies ou autres ressources en ligne.

Il consulte ce matériel avant de venir en formation.

Parfois, nous lui demandons même de passer un test préalable afin de vérifier qu’il maîtrise les connaissances de base nécessaires.

Le plus souvent, il consulte ces ressources avant la séance et…

…lorsqu’il arrive en classe, nous pouvons directement travailler sur des éléments plus personnalisés.

Cela lui permet par exemple de venir avec un problème concret et de le traiter dans un atelier pratique.

Petit à petit, nous évoluons vers des dispositifs qui combinent du distanciel synchrone, via des webinaires par exemple, et du distanciel asynchrone.

Décidément, c’est vraiment fascinant tout cela.

Mais j’aimerais terminer sur une question très simple.

On est bien d’accord que l’e-learning ne remplace pas les formateurs ni les formations en présentiel ?

Le présentiel reste nécessaire ?

Oui, bien sûr.

L’e-learning est un outil pédagogique parmi d’autres.

Il vient compléter notre boîte à outils de formation.

Il ne remplacera jamais le formateur.

À l’EAP, nous souhaitons au contraire intégrer pleinement les formateurs dans cette aventure.

Nous voulons permettre à nos formateurs internes de développer des compétences en matière de conception de parcours blended learning et leur donner accès à des outils technologiques qui enrichissent leurs contenus pédagogiques.

L’idée n’est donc absolument pas de remplacer le présentiel mais de proposer un outil supplémentaire.

Cet outil permet également de répondre à certains défis logistiques.

Prenons l’exemple des modules e-learning en bureautique.

Ils permettront aux agents d’accéder à une formation adaptée à la version de Microsoft Office qu’ils utilisent réellement sur leur poste de travail.

Dans une salle de formation classique, les ordinateurs sont généralement équipés d’une seule version spécifique.

Il est donc difficile de couvrir tous les besoins.

L’e-learning apporte ici une solution particulièrement intéressante.

L’agent pourra ainsi accéder directement au contenu correspondant à la version de Microsoft Office qu’il utilise dans son environnement professionnel.

Parfait.

Il n’y a donc rien à craindre de ce côté-là.

De nouveaux outils, de nouvelles perspectives et de nouvelles approches pédagogiques s’offrent à nous.

Merci beaucoup pour ce podcast très intéressant consacré à l’e-learning.

Merci Jean-Marc.

Merci.

Merci beaucoup.

Merci à vous.

L’École d'administration publique (EAP) a été créée en 2012 pour former le personnel des administrations de la Région Wallonne, la Fédération Wallonie-Bruxelles et leurs OIP. Son objectif est d'améliorer les compétences des collaborateurs, tout en favorisant les échanges d'expériences inter-administrations.